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Questions & Answers

Ici l'auteur répond à toutes les questions, même celles que vous n'avez pas osé poser.

Cela signifie bateau ivre, en référence au poème de Rimbaud et au bateau renversé sur le blason.

C’est une image, pour expliquer que votre lecture peut se faire comme si voues étiez sous l’effet d’une drogue. On utilise ce terme plus dans le cinéma, pour parler des films de Kubrick ou Gaspard Noé par exemple, mais je trouve qu’ici c’est très approprié.

Cela signifie que j’utilise un langage avec beaucoup d’ornements, des mots valises, un argot parfois parisien, parfois poétique. Je me revendique d’un courant littéraire allant De Rabelais à Boudard, en passant par Vallès, Salinger, Guyard, Bloy et bien évidemment Céline. Pour ce qui est du burlesque, je dépeins des situations à la manière d’un Keaton ou d’un Chaplin, qui eux aussi, comme les baroqueux, en font des tonnes, mais toujours avec goût.

Du Bateau ivre essentiellement. En effet, dans chaque chapitre j’ai glissé un mot, un vers ou plus de ce poème, que vous pourrez reconnaître facilement grâce à la calligraphie spéciale (quasi la sienne). Dans le Chapitre XV plusieurs quatrains sont repris, mais singulièrement transformés. Quant au chapitre VI, il reprend toute une partie de Voyelles. Ici c’est un hommage à l’interprétation qu’en faisait un célèbre professeur, qui estimait que Rimbaud avait écrit là un poème érotique évoquant le corps d’une femme en rut.

Il y a bien évidemment L’enfer de Dante dont je fais une transposition burlesque à la surface de la capitale (Chapitres XX – XXIII) pour montrer que l’enfer peut se souffrir aussi ici et maintenant, loin des bas fonds habituellement représentés. J’évoque les différents cercles que hiérarchise le poète italien, on y reconnaît facilement Virgile, les limbes, Minos, le cerbère, la roule bourbeuse…
Il y a aussi Les Euménides d’Eschyle, une tragédie grecque, je la trouvais parfaite pour clore le cauchemar du narrateur, qui lui, pour le coup se situe dans les tréfonds de la capitale.

En effet j’alimente mon imagination avec les tableaux de peintres que j’adore comme par exemple dans le chapitre XV (p’236-237) les Sirènes de Gustave Klimt agrémente le rêve que fait le narrateur dans son lit à côté de Kadi. Sinon dans le chapitre XVII (p’256-265) je me suis inspiré de plusieurs tableaux de Francis Bacon pour exprimer les souffrances viscérales de l’homme, celles qu’il pourrait subir dans le pire des enfers par exemple. (Tableaux en pièces jointes)

Je dirais que cette dimension mystique est centrale dans le livre. La progression du narrateur y est tout autant métaphorique qu’un chemin de croix. Dans le chapitre VII par exemple il se confronte à toute une série de questions relatives aux vertus et vices musulmans et surtout chrétiens ; dans le chapitre X il évoque l’Abbé Meslier, premier athée avéré et radical de l’histoire, il parle d’un homonyme qui aurait mis le feu à Notre Dame… Enfin le chapitre XVIII est une réflexion surréaliste sur l’immatérialité de l’âme.

La musique m’obsède, je l’adore, c’est pour ça qu’on la retrouve un peu partout dans le bouquin : l’hommage à Glenn Gould, à Chostakovitch, à Jacques Higelin chantant au cœur du marché (chapitre VIII), à Noir Désir (chapitre XXII), l’histoire du piano cassé dans la benne à ordure et, enfin, à chaque fois qu’il y a un embouteillage, j’en parle comme d’un orchestre en transe, en chaos ou en furie.

L’hommage répété de Kadi à Thomas Sankara, les discours désenchantés d’Emile, de Solange ou de Pétrola, l’incendie de la capitale comme un revival de La Commune de Paris, ou le bûcher final de la mairesse (chapitre XXIII) sont des éléments qui laissent penser que oui…

Oui, bien évidemment. J’en parlerai prochainement sur le site, mais sachez que j’ai commencé à la rédiger.

Un monde à l’envers. Une vérité qui dérange. Une prose qui pulse.

L’enfer me ment © Copyright Cédric Bernelas 2025