Cédric Bernelas
Cédric Bernelas ne cherche pas à rassurer. Il invite à se perdre, à penser autrement, à sentir l’inconfort fertile d’un univers renversé. Lire Cédric, c’est accepter de tomber dans un rythme qui bouscule, une prose qui pulse, une vérité qui ment.
” Plus on est nombreux, plus c’est compliqué de circuler sans se cogner. Et moi, j’aime pas ça quand on se cogne.”
—page 41
“J’aimais bien quand tout était parfaitement ordonné, que tout circulait bien. Tout ce qui était grain de sable dans l’engrenage ça m’horripilait. Alors, tout ça : les politicards, le business ou les croisades, c’était pas trop mes affaires. Je trouvais que c’était un grand foutoir où chacun y allait de sa sauce, et qu’au final tout se jouait indépendamment de nous. Je me contentais très bien de cette vision des choses.”
—page 66
” Moi, c’est vrai, me suis toujours vu tromboner coulissant bugle clairon façon klaxon à tue-tête au cœur de la philarmonia. Quand j’étais ado, surtout. À l’époque, j’ai suivi quelques cours au conservatoire. Mais j’ai vite abandonné. Je jouais comme une chaussette. N’est pas Chostakovitch qui veut. Je sais même pas si Chostakovitch était tromboniste. Tous cas, moi, j’ai vite compris que j’allais pas pouvoir faire carrière dans la zique. Alors, me suis résolu à… Enfin, j’ai bifurqué sur d’autres voies, plus en rapport avec mes qualités. Je suis le genre de type qu’a un esprit plutôt cartésien, un peu maniaque certes, mais, agissant toujours avec logique et méthode, là où d’autres aiment à s’éparpiller.“
” Le noir, chacun le déguste à sa manière. Certains y voient un abîme, un néant, une fin. D’autres un début, z’y entendent le silence, le voient gris, ombre ou bleu, en soleil même, en soleil bas, taché d’horreurs mystiques, et s’y réchauffent. Beaucoup s’y perdent, s’y noient. Moins s’y raccrochent ou s’y cachent. Ça peut être aussi l’infini, l’horizon plurigalactique, où s’évaporent à tout jamais des messes désaccordées avec nos âmes damnées. Pour moi, c’est tout ça bien sûr, c’est presque ça, ou… non, c’est plutôt quand… quand, la nuit, dans mon sommeil pourprécarlate, je trouve enfin du répit en m’engouffrant dans les caves d’une Olympe débordante d’un vin monstrueux… Un vin à la puanteur d’un sang sombre, et dans lequel je me dilue au son de cloches mélassieuses. C’est dans cet absolu de noir que je trouve la paix, le repos ; ce moment où ce noir coule dans mes oreilles jusqu’à bercer mon cerveau, suffisamment pour que plus rien ne le torture.”
—page 203
L'enfer me ment
Ce qu'en disent les lecteurs
J‘ai un gros coup de coeur pour les premiers chapitres que je relis souvent, j’aime ton rythme, ta fluidité, tu tranches, c’est même inventif et burlesque. Tu as inventé ton style, bravo à toi.
Fabienne
Au début, j’ai trouvé ça dur à lire, mais je me suis accrochée et à la fin j’ai bien aimé. Je m’étais habitué sans m’en rendre compte.
Monique
Ce que j’ai bien aimé c’est que tu as donné à lire des phrases abruptes, marquées par un rythme saccadé, parsemmées d’interruptions et d’expressions spontanées. ça t’a permis de mettre en oeuvre un récit à l’atmosphère étrange et décalée.
Hélène
Ton livre n’est pas du tout mon style de lecture habituel car je suis plutôt attirée par les intrigues, policiers et fantastiques. Pourtant j’ai vraiment accroché grâce à ton style d’écriture et à l’histoire que tu racontes. Bravo à toi et encore merci de m’avoir sorti de mon habitude.
Marie-Jeanne
Tu réussis ce jeu d’équilibriste que faisait Céline en écrivant entre roman et autobiographie. Sans parler du style qui sert le fond !Mais ton encre est bien la tienne et tes mots/maux sont bien à toi. Ils décrivent notre époque avec justesse, c’est un magnifique témoignage.
Florient
Ce livre m’a fait l’effet d’un miroir sale : je m’y suis vu, et j’ai pas aimé. Bravo. Chaque page est une claque et j’en redemande….
